sigleparagraphe

Au-delà du thème spécifique concernant les "perceptions", l'appel à contribution de l'édition 2016 du colloque "Frontières numériques" porte aussi sur des thèmes fondamentaux.

Les thèmes fondamentaux abordés, maintenant organiques et constitutifs du programme de recherche, concernent :

  • le cyberespace et la virtualisation des échanges et des objets, qu’ils soient politiques commerciaux, culturels, éphémères ou non,
  • les nouvelles possibilités de reconfiguration sociale et identitaire,
  • la décentralisation et la distribution des informations, des pratiques et des ressources numérisées/numériques,
  • l’impact du numérique sur les modes de représentation de soi, des autres et du monde,  ainsi que leurs hybridations,
  • l’épistémologie des humanités numériques,
  • les frontières invisibles d’internet et le web profond (deep web),
  • réalité et virtualité des frontières,
  • les identités numériques,
  • traces et traçabilité numériques,
  • arts et frontières numériques,
  • expérience utilisateur et design UX.

Ces thèmes peuvent être abordés selon trois approches scientifiques :

  1. Par les usages et médiations numériques qui transforment ou supportent les frontières classiques de la communication, entre individus, entre les individus et leurs environnement, entre les organisations (réseaux, groupes, institutions, Etats, …), public et privé, récréatives et professionnelles, …
  2. Par les effets du numérique sur les représentations qui mènent à repenser ou transformer les concepts, les définitions et les catégories de frontières conventionnelles des espaces, de l’art, de l’identité, de la connaissance, du droit, de la sécurité, des organisations…
  3. Par les méthodes de conception des technologies numériques qui transforment les frontières habituelles, particulièrement celles qui innovent dans la collecte, l’exploitation, et le traitement des données produites et dispersées sur le web (ex., gestion des données dans  « les nuages », l’internet des objets, la biotechnologie, …).   

Argument du thème spécifique « Perceptions »

Les théories de la perception s’appuient sur des axiomes variés. En qualité de chercheurs en SIC mais sans privilégier l’approche, nous retenons en premier lieu les socio-sémiotiques qui veulent expliquer le processus de réception d’un signal et de production/identification de signes qui, contextualisés, (veulent produire) produisent un sens pour l’action opérationnelle ou de pensée. Quel que soit le degré de clarté de ce processus interprétatif, qu’il soit voulu ou automatique comme le dirait Bergson, n’exempte pas le chercheur d’appréhender la complexité irréductible de la perception située ou témoignée des phénomènes perceptibles.

Il ne s’agit pas ici de valider des approches académiques de la perception naturelle et artificielle mais plutôt de rendre compte de l’intérêt du comité scientifique à évaluer et promouvoir des travaux de recherche qui impliquent une réflexion orientée vers les modes d’intégration des technologies numériques dans les processus perceptifs. Au-delà du critère que nous voulons non contraignant des sciences de l’information et de la communication, l’objectif est de faire émerger des problématiques innovantes concernant les « modes de construction de sens », littéralement.

Ainsi, nous nous intéresserons à trois formes de perceptions en relations aux technologies numériques :

  • La perception individuelle ou comment le numérique permet de personnaliser, d’étendre, de restreindre, de préciser, de discriminer, d’ouvrir, de combiner, d’arranger, d’évaluer, de juger, ..., les percepts sensoriels communs.
  • La perception collective ou comment le numérique influence l’interprétation commune et partagée d’un objet, d’un phénomène ou d’un événement de par les filtres qu’il produit sur la représentation collective, particulièrement au niveau de ses modalités communicationnelles (média, multimédia, hypermédia).
  • La perception spatiotemporelle ou comment le numérique impacte aussi bien la perception individuelle que collective en transformant les linéarités intrinsèques des phénomènes, en les combinant, les agençant, les déconstruisant, les synthétisant, les refondant, ...  

Ces formes de perceptions correspondraient alors à trois domaines d’applications :

  • Technologies numériques et nouveaux « regards »

Transformations de l’interprétation, de la compréhension, de la conceptualisation, des méthodes d’identification et de reconnaissance (techniques, sociales ou culturelles), visualisation de données, système d’aide à la décision et à l’interprétation, modélisation numérique (2D/3D/xD), objets tangibles, applications ludo-éducatives, etc.

  • Technologies numériques et nouvelles sensations

Transformations des capacités sensitives des humains et de machines via le numérique, appauvrissement/amélioration des sens, prothèses numériques, objets connectés et communicants, handicap et technologies numériques, communication virtuelle, etc.  

  • Les projections numériques des humains et des organisations

Nouvelles médiation numériques, traces et traçabilité numériques,  stratégie numérique des organisations, médias sociaux, données massives (Big Data), données ouvertes (Open Data), prospective technologique, déploiement de technologies,  etc.

A nouveaux les trois approches peuvent être exhibées : celle orientée conception et ingénierie des technologies numériques de la perception, celle orientée usage, appropriation et utilisabilité de ces technologies, celle orientée analyse des transformations organisationnelles que ces technologies produisent ou requièrent.

Mots-clés de l'édition 2014 basé sur une analyse sémantique des actes de la conférence

  • Plus le terme est bleu et gros (en opposition à rouge et petit), plus c'est un thème central de la conférence... pour dire cela simplement.

molecule frontnum 2014 basic1 1

3e édition du colloque international "Frontières Numériques" - Perceptions

1 et 2 décembre 2016, Université de Toulon

Consulter le programme de la conférence

logospartenairesopt

 

IED Logo

Calendrier

03 octobre 2016 :

Réponses aux auteurs et recommandations

10 novembre 2016 :

Réception des articles/proposition corrigés

15 novembre 2016 :

Date limite d'inscription

1 et 2 décembre 2016 :

Colloque

Principe de l'événement scientifique

Le comité scientifique a sélectionné un nombre limité de proposition pour satisfaire un événement collaboratif et participatif sans session parallèle qui se tiendra sur 2 jours. 

Publication

Les articles retenus et présentés au colloque feront l’objet d’une seconde évaluation afin d’étendre chaque article en un chapitre d’ouvrage qui sera publié chez un éditeur scientifique.

Suite aux débats de la conférence, vous aurez l'opportunité d’enrichir votre proposition en un « chapitre d’ouvrage » afin de publication chez un éditeur (20 000 à 30 000 signes pour une fabrication au courant du premier semestre 2017). Cette version bénéficiera également de suggestions des membres du comité scientifique.

Inscription

Le colloque se tiendra le 1 décembre 2016 de 9H à 18H et le 2 décembre 2016 de 9H à 12H30 à l'Université de Toulon (pôle Ingémédia) en centre ville. 

Un formulaire en téléchargement est à disposition sur la page d'inscription (lien direct ici) et la date limite d’inscription a été repoussée au 15 novembre 2016.

Les frais d'inscription sont fixés à 130 Euros pour les enseignants-chercheurs titulaires et les professionnels et de 50 Euros pour les étudiants.

Ces frais vous donnent droit à un sac en toile contenant le résumé des communications, de la documentation sur le colloque et les organisateurs de la conférence, une clé USB contenant de la documentation numérique sur les éditions du colloque, un calepin, un stylo ainsi que l'accès aux pauses cafés et au déjeuner du jeudi 1 décembre ainsi qu'au cocktail dinatoire du même jour. 

L'audition libre des conférences est gratuite.

Colloque organisé par

Introduction

fronnum1Depuis 2011, dans la continuité d’initiatives de recherche sur le thème des Frontières  tenues au sein de laboratoires en sciences humaines et sociales et technologies numériques, cet événement veut permettre la rencontre de chercheurs d’horizons disciplinaires différents avec l’objectif de produire un corpus de connaissances et d’analyses de pratiques sur l’interaction entre sociétés et technologies numériques.

Initialement le fruit de la collaboration entre le laboratoire Paragraphe et l’équipe Art des Images et Art Contemporain (AIAC) de l’Université Paris 8, conjoignant l’Ecole d’ingénieurs ESISA (Fès, Maroc), ces réflexions rejoignent de nombreux axes de développement des recherches en sciences de l’information et de la communication telles que le démontrent les colloques de la SFSIC de ces dernières années. Pour cette raison, d’autres équipes de recherches en Sciences de l’information et de la communication travaillant sur le thème ont rejoint le programme.
L’association des termes « Frontière » et « Numérique » n’est évidemment pas anodine (au-delà de l’interprétation sage que l’acronyme requiert). D’une part, la notion de frontière est heuristique et métaphorique (barrière, passage, interface, limite, confins, transition, changement, etc.), d’autre part, il s’agit de dénoter l’intention d’intégrer des réflexions sur les potentialités du numérique et de ses champs  d’application qui conquièrent de nouveaux territoires de la connaissance de manière exponentielle.
Il s’avère que depuis la deuxième édition du colloque « Frontières Numériques » tenue en 2014 à Fès au Maroc, les débats publics et d’experts se multiplient sur l’essence même du thème et plus particulièrement sur le rôle des frontières dans les activités humaines – nous dirons maintenant les humanités – , du fait de l’évolution des flux migratoires, du fait de la globalisation des échanges, du fait de la configuration nouvelle des relations (aussi bien locales qu’internationales), du fait du communautarisme, …

Le point commun identifié est celui des moyens employés pour réaliser ces transformations sociales, politiques et économiques : les technologies numériques. Cela ouvre une brèche épistémologique par laquelle l’hybridation des sciences humaines et de l’ingénierie des technologies prend forme. En effet, les débats susmentionnés (chacun les identifiera à l’aide d’une simple requête sur un moteur de recherche internet au vue leur notoriété)  fondent légitimement leurs questions (le pourquoi) sur des dimensions purement socio-anthropologique, culturelles, économiques, ingénieriques : « il existe une frontière entre X et Y parce que Z et cela s’explique selon P dans le système contraintes C …». La réflexion promue ici n’est pas de cet ordre, elle se veut ancrée dans des réalités multiples (Berger & Luckmann ; Schütz) qui veut laisser difracter des modèles de compréhension originaux en mettant en lumière la question du « comment » : comment les proto-frontières émergent ? Lesquelles disparaissent ? Lesquelles se négocient ? Quels sont les « théâtres » d’opérations ou de conquêtes de sens que le numérique propose, suggère, permet, réfléchie, supporte, incarne, expose, régule…

L’hypothèse d’un impact radical du numérique sur l’ensemble des sociétés qui y ont accès est posée sans angélisme ni préjugé.

fronumsavoir

fronumartOn pourra lire entre ces lignes une inspiration phénoménologique et cognitive qui, sans être requise, a le mérite de porter son attention non sur des spéculations mais sur l’étude des constructions signifiantes participant à la réorganisation du monde et des activités humaines (professionnelles ou récréatives) qui l’animent. La problématique des « frontières numériques » conjoint alors réalités artistiques, sociales, culturelles, géopolitiques, etc. La première édition  de l’ouvrage « Les frontières numériques » (sous la direction de Saleh I, Bouhaï N & Hachour H., L’Harmattan, 2014) a permis de démontrer la cohérence de la démarche interdisciplinaire et multi-objets proposée, celle-ci a été confirmée au cours de la dernière édition du colloque qui a donné lieu à deux publications scientifiques :

 

Chacun de ses ouvrages est le fruit d’une refonte des articles présentés au cours de l’édition 2014.